Droits de douane et commerce : garder les vins de la côte Ouest ouverts sur le monde

J’aime ce métier. Les gens, les liens, la culture, la cuisine et les vins qui l’accompagnent : c’est tout ce dont j’aime m’entourer. Je fais partie du monde du vin depuis 2006 et j’ai traversé bien des tempêtes, sans que ma passion ne faiblisse. Ma carrière s’est construite autour du développement des échanges internationaux, car les personnes du monde entier et leurs créations extraordinaires m’inspirent : Parmigiano Reggiano DOP, chocolat suisse, huile d’olive vierge extra grecque, champagne français, avocats du Mexique, algues coréennes, café colombien, thé de haute montagne de Taïwan, sauce au miel et à l’aneth du Canada, gouda des Pays-Bas. Tous ces produits font partie de mon quotidien.
Ma passion pour les saveurs du monde reflète mon envie de faire découvrir à l’étranger des vins de grande qualité de Californie, de l’Oregon et de Washington. L’accès aux meilleurs produits de chaque région du globe devrait se développer à mesure que nous avançons dans le XXIe siècle. Pourtant, cet accès est aujourd’hui menacé.
Les barrières commerciales, en particulier les droits de douane, entravent le partage de nos productions. Les vins américains se retrouvent pris entre deux feux et soumis à de lourdes taxes à l’importation sur des marchés importants comme la Chine et le Canada, et même l’Union européenne.
Beaucoup ignorent que les vins américains coûtent déjà environ 50 % de plus à l’étranger que leur prix de détail moyen aux États-Unis, avant même de prendre en compte les droits de douane supplémentaires. Transport, marges des distributeurs, droits de douane et taxes locales font monter les prix. Lorsque des droits punitifs s’y ajoutent, même les acheteurs fidèles peinent à justifier une commande.
Les pressions actuelles prolongent et amplifient des tendances déjà présentes en 2022, lorsque la crainte d’une récession se profilait, comme je l’écrivais dans mon article du 29 juin 2022, Perturbations, inflation et récession : quelle période ! Les petits domaines familiaux luttent pour survivre et beaucoup sont rachetés par de grands groupes. Nous avions déjà observé ce mouvement de concentration lors de précédents ralentissements économiques. Aujourd’hui, les pressions inflationnistes se sont encore accentuées, aggravées par les guerres commerciales internationales et les droits de douane de rétorsion.
Pour nombre des petits domaines familiaux avec lesquels nous travaillons sur la côte Ouest, les conséquences des droits de douane et des barrières commerciales ne sont pas seulement financières. Elles les touchent aussi profondément, alors qu’ils s’efforcent de faire vivre leurs histoires, leurs traditions et l’avenir de leur héritage. Ces producteurs ont développé leur savoir-faire sur plusieurs générations et voient leur accès déjà limité aux marchés mondiaux menacé par des forces qui leur échappent. Après près de vingt ans consacrés à la promotion des vins de Californie, de l’Oregon et de Washington à l’étranger, il est décevant de voir nos relations commerciales se dégrader pour des raisons politiques, et non de qualité.
En mai 2019, les États-Unis ont augmenté les droits de douane sur les produits chinois, intensifiant la guerre commerciale entre les deux pays. En réponse, la Chine a appliqué de lourds droits de rétorsion dans des secteurs clés, dont le vin, avec un taux de 93 %. Aujourd’hui, l’ajout de 125 % porte la taxe totale à l’importation à un niveau écrasant de 218 %. Le Canada a également riposté, allant jusqu’à retirer les vins américains des rayons. Si l’Union européenne n’a pas récemment imposé de nouveaux droits, l’incertitude continue de peser sur les échanges mondiaux.
Alors que nous traversons cette vague d’incertitudes douanières et autres, la consommation globale d’alcool diminue. De nombreux domaines commencent à arracher des vignes pour répondre à la surproduction. Cette réduction aidera à stabiliser les stocks et devrait entraîner une hausse du prix des vins américains à mesure que l’offre et la demande se rééquilibrent. Des mesures similaires sont déjà en cours dans d’autres pays producteurs, notamment au Chili, en France et en Australie.
Quand les prix augmentent, que les importateurs hésitent et que les marchés mondiaux se transforment, nous souhaitons rappeler que nous ne sommes pas seulement là pour vendre, mais aussi pour partager. En travaillant étroitement avec nos meilleurs domaines, nous nous adaptons à vos côtés aux évolutions de notre époque afin de vous proposer les meilleurs produits et services possibles.
Nous comptons trente domaines partenaires sur la côte Ouest, qui élaborent de véritables vins artisanaux selon un savoir-faire transmis de génération en génération. Ces vins sont présents dans plus de vingt pays grâce à de solides partenariats avec les importateurs. Nous honorons les raisons de leur confiance : qualité, valeur, authenticité, liens, culture et accessibilité. Nous offrons ainsi aux amateurs du monde entier un accès à ces produits de spécialité, comme ceux venus des quatre coins du globe qui enrichissent ma propre vie quotidienne.
Nous exerçons ce métier ensemble. Préservons la force de Collaboration et continuons à partager le vin pendant cette tempête.
Sources : Hillebrand Gori – a DHL company | Bulk Wine Logistics Summit | Californie | 7 mai 2025
À votre santé,
Nicole

Nicole Djobadze
Collaboration Wine Exports LLC